13 octobre 2009

De retour...

Les pieds reposés à terre, l'horloge remise à l'heure, le linge sale à la machine, les bises claquées à la famille (ou presque), le retour est fait!
Les deux dernières semaines à l'autre bout de la terre ont été placées sous le signe des vacances et de la découverte du Grand Nord. La pluie a été notre fidèle compagnon comme l'a été notre voiture dont nous nous sommes séparés à une semaine de l'embarquement dans l'avion. Dernière semaine, derniers jours, derniers repas, dernières nuits... le compte à rebours a été aussi rapide que l'année entière passée dans le pays au long nuage blanc!
Au retour, ce sont les questions incontournables qui nous assomment; "alors, c'était comment?", "et maintenant, qu'allez-vous faire?"... La première réponse est plus facile à trouver que la deuxième! Il est par contre plus ambigu de nous replonger dans des projets immédiats concrets! Laissez nous le bonheur de la nostalgie des espaces vastes de la Nouvelle Zélande, laissez nous le temps de nous remettre dans le rythme fou des villes et de ses citadins énervés, laissez nous le plaisir de retrouver naïvement le goût du pain, du fromage et de la charcuterie, laissez nous le droit de rêver à d'autres horizons! Ensuite viendra le temps des réponses! L'après s'envisagera au fur et à mesure que les habitudes reviendront; trop anticiper l'après nous gâche le moment présent. Il est mille fois plus aisé d'envisager le départ que d'imaginer le retour! Mais, nous voilà de retour tout de même!

25 septembre 2009

Autour de Rotorua

Pas vraiment le temps d'écrire une prose, juste de quoi dire que nous nous mettons plein la vue des divers phénomènes géothermiques de la région de Rotorua. La terre fume, les rivières bouent, la boue gicle, les volcons dorment, les lacs de soufre puent!...
Nous roulons vers le Nord pour chercher le soleil, mais c'est la pluie qui nous accompagne, quasiment sans interruption. Les plages vont sans doute être moins jolies, les randonnées moins intéressantes et les pique-nique moins pratiques... Tant pis, on va quand même terminer nos 2 dernières semaines de voyage ici et prendrons le vol prévu!
Le retour vers l'île du Nord a été brutal, plein de voitures, plein de gens, des deux rouges à toutes les intersections, des campagnes habitées... Un monde nous sépare de l'Otago et du Sud du pays!
Maintenant que nous voilà secs, nous reprenons notre route, entre 2 averses et nous enthousiasmons des paysages que nous apercevons à travers les essuie-glaces!
Nous aurons eu la poisse dans le Nord avec la météo! Pas étonnant que ce pays soit si vert et si sauvage! A nos anoraks et nos bottes, nous repartons braver les gouttes!

20 septembre 2009

Bilan en approchant de la fin du parcours

11 mois se sont écoulés depuis notre premier pied posé sur le sol mouillé de l'aéroport d'Auckland! Il est aujourd'hui difficile de résumer en quelques lignes tout ce temps passé à découvrir un nouveau pays! Alors, à la veille du départ de Queenstown où les valises ont été posées la moitié de ce voyage, on se demande ce qui nous manquera le plus!
Ne plus voir John Key tous les jours à la TV s'exprimer sur des sujets aussi variés que la grippe aviaire ou les résultats décevants des All Blacks? Ne plus le rencontrer en personne au détour d'un bain de foule? Ne plus regarder à la TV de la pub entrecoupée de film? Ne plus croiser des personnes pied-nus dans les supermarchés? Ne plus devoir céder la priorité à la voiture qui vient en face quand on veut tourner à gauche? Ne pas avoir besoin de revêtir 3 pulls le soir dans la maison pour ne pas mourir de froid? Ne pas sentir la terre bouger sous nos pieds?
En réfléhissant, ce qui manquera le plus sera sans doute la beauté des paysages, le lever de soleil sur la chaîne des Remarkables, le calme du lac Wakatipu, le mélange des nationalités, l'esprit détendu des gens, l'attitude positive des locaux car rien n'est jamais un problème, l'ouverture du supermarché jusqu'à minuit ou encore le privilège de se trouver dans un endroit paradisiaque!

Il nous reste 2 bonnes semaines pour finir notre périple. En route donc vers le Nord afin de profiter une dernière fois de la découverte de lieux inconnus et des atouts du pays.

13 septembre 2009

Le monde est petit

Jusque là, c'est un jour normal. Puis, il est 13h quand un groupe de personnes arrive à l'hôtel pour s'enregistrer et récupérer les clés de leurs chambres.
Un des clients m'étudie attentivement, puis m'interroge
"Ne vous aurais-je pas déjà vu quelque part?"
D'un air songeur, je lui réponds que c'est possible sans toutefois me souvenir de la tête de ce monsieur.
Il continue de chercher dans le plus profond de sa mémoire puis me dis :
"ça doit être en Europe... en France sans doute... à Carcassonne... Non, pas à Carcassonne, mais à Toulouse plutôt!"
Soudain, un éclat de mémoire me revient. Je me souviens aussitôt d'avoir accueilli ce client accompagné de sa femme dans la résidence hôtelière dans laquelle je travaillais l'année précédente. Je me rappelle instantanément de la conversation échangée avec ce couple néo-zélandais, je leur avais raconté mes projets de voyage dans leur joli pays et leur avais demandé d'où ils étaient!
Nous nous exclamons tous les deux:
"Oui, nous nous sommes vus à Citéa!"
et moi de continuer:
"Vous étiez avec votre femme et vous êtes de la bay of..."
"Bay of Plenty" me répond-il!

Quel hasard, quelle coïncidence! Ce monsieur, qui voyage sans doute plus que moi, se souvient de la réceptionniste de l'hôtel dans lequel il est resté lors d'un déplacement à Toulouse 14 mois auparavant! Jamais n'aurais-je reconnu ce monsieur! Les clients défilent devant mon comptoir, me posent tous les mêmes questions; ils se ressemblent tous un peu! Quelques uns me marquent et laissent des souvenirs très précis, quelques bribes de propos s'impriment parfois, mais la plupart du temps, les visages s'effacent!
Ce moment spécial de cette journée pourtant plutôt banale a priori m'a complètement rempli de joie! Quelqu'un à l'autre bout du monde se souvient encore de l'accueil que je lui ai donné bien longtemps avant et me reconnaît lorsque je le croise dans un tout autre environnement!
Grâce à cette anecdote, je réalise qu'une simple réceptionniste, personnage éphémère dans la vie d'une quelconque personne en transit, peut créer une expérience unique et marquer les esprits!
Que le monde est petit et que la rencontre avec les autres est riche!

28 août 2009

La ville aux multi-compétences

Queenstown est une petite ville où l’on croise les mêmes têtes à tous les coins de rue. Des foules de voyageurs, sac au dos et bonnet sur la tête choisissent cette ville pour poser leurs bagages et profiter des atouts de la région. C’est ainsi que nait la « politique des casquettes »! Car il n’y a pas de miracle (à moins d’être chanceux au loto ou au casino), pour pouvoir profiter pleinement de la vie ici, il faut empiler les heures de travail ! Dans la même journée, on reconnait le caissier du supermarché travailler le soir au bar, ou le vendeur du Leroy Merlin local ramasser les verres dans un pub. On croise alors les mêmes personnes dans divers commerces, habillé de noir pour servir un buffet et le lendemain vêtu de marron pour accueillir les clients d’un hôtel. On a même vu un danseur maori employé pour les spectacles folkloriques touristiques se tenir à l’entrée d’une boîte de nuit après sa performance et filtrer les fêtards. Avoir 2-3 jobs est main courante dans cette ville où les heures de travail fluctuent en fonction de l’activité touristique ; une semaine pourra être très chargée tandis que l’autre ne comptera qu’une vingtaine d’heures. Tels des saltimbanques, nous jonglons entre divers postes, portant tantôt les assiettes ou remplissant des rayons, ou cuisinant tantôt des pizzas le soir et guidant des parapentes le jour.
Moi même porte différents chapeaux! La semaine, je suis une réceptionniste à plein temps. Mais les 35h hebdomadaires (en moyenne) ne suffisent pas à alimenter suffisamment le compte. Alors, pendant mes jours de repos, je suis parfois serveuse chez un traiteur ou dans l’hôtel concurrent lors de conférences, ou bien femme de ménage là encore chez des concurrents plus ou moins directs! Un client m’a même reconnu le jour de son départ du Crowne Plawa et m’a lancé innocemment “Vous ne travailliez pas hier soir au Millenium?” Les joues rougies, je lui ai répondu discrètement que oui, c’était bien moi, et d’enchaîner sur sa facture à payer pour clore le propos embarrassant! Non pas qu’il ne soit pas possible ici de cumuler plusieurs boulots, mais travailler pour la concurrence me gêne un peu, je préfère garder profil bas!

Aujourd'hui, c'est jour de repos! Plutôt que de nous affaler sur le canapé à regarder la pluie tomber, Julien et moi nous préparons à enfiler nos tenues noires et à grimper dans le téléphérique nous emmenant sur notre lieu de travail ce soir; un restaurant buffet d'altitude où la nourriture abonde et où les clients repus quittent le lieu la panse trop remplie.

Ces quelques heures de travail nous permettront sans doute de ne pas avoir trop à nous serrer la ceinture lors de nos dernières pérégrinations que nous préparons avant de monter dans l'avion qui nous ramènera en France!

23 août 2009

Mariage à distance

Première à St Germain du Pinel, deux invités absents assistent en direct de la mairie à la cérémonie de mariage!
Samedi 22 Août 2009 à 15h se sont unis Cécile et François, entourés de leur famille. Une personne manquait: la petite sœur de la mariée. Ce jour là séparés d'elle par 20000km, les membres des familles Louin et Martin ont pu être tous ensemble autour du maire pour assister à la cérémonie. Il a suffit de deux ordinateurs connectés à Internet et surtout la synchronisation avec une fidèle complice pour faire de l'occasion un évènement où tout le monde était réuni! Récit des faits.
Il est 00h30 en Nouvelle-Zélande lorsque Cécile, la sœur du marié, rejoint les expatriés sur Internet. Les invités physiquement présents investissent les rangées de chaises dans la salle de mariage pendant que les 2 absents attendent dans le secrétariat de la mairie. Une fois tous installés, on amène l'ordinateur par la fenêtre de la salle où l'union sera célébrée et, à la surprise de quelques uns, les émigrés sont aux premiers rangs. La séance originale de photos avec les mariés a de quoi marquer les esprits des plus jeunes comme des plus vieux tandis que derrière l'écran, les expatriés ont le sourire aux lèvres et l'air embarassé d'être la cible des objectifs photographiques!
Dire qu'il y a 10 ans la technologie n'aurait pas pu rendre possible ce rendez-vous à distance!
On admire l'intérêt que le grand père porte pour ce qui doit lui paraître une extravagance du XXIe siècle!
Première à St Germain, mais sans doute une banalité à la fin de ce siècle!

11 août 2009

Ski de nuit

L'idée n'est pas mauvaise, mais elle mérite des améliorations. Coronet Peak, une des stations de ski de Queenstown laisse ses portes ouvertes le vendredi et le samedi pour des sessions nocturnes. Un seul télésiège fonctionne, ce qui laisse aux skieurs un choix limité de pistes.
Excités par notre première session de nuit, nous montons la route descendue par des centaines de voiture rentrant de leur journée enneigée. Une fois là haut, le crépuscule pointe son nez. Nous avons néanmoins le temps de monter tout là haut, sur l'observatoire qui surplombe la vallée. Quelques skieurs et snowboarders attendent déjà - la bière à la main - le spectacle du soleil couchant. Les lumières du jour faiblissent et passent du bleu à l'orange. Au loin, le Mt Aspiring se colore de teintes rosées et les berges du lac s'allument! Le soleil passe derrière la montagne et les températures se rafraichissent. Les spots éclairant les pistes de ski se font de plus en plus utiles, ils ne sont d'ailleurs pas toujours suffisants; il est facile de se faire surprendre par la bosse cachée par l'obscurité! Le manque d'uniformité de l'éclairage ajouté à la vitesse des fans de montagne peu attentifs et légèrement alcoolisés rendent l'exercice du ski nocturne un peu particulier. Le vin chaud coule à flot, les bières débordent, la musique braille, c'est vendredi!
Nous attendons que les nuages s'éclaircissent afin d'admirer la plein lune. Drôles de sensations d'être sur des skis la nuit, face à la pente et sous les étoiles ... mais parfois pas toujours sécuritaire! Le froid nous titille, le chocolat chaud est bienvenu puis nous ne tardons pas à rentrer! J'ai l'impression qu'il est déjà minuit... non, il n'est que 21h, nous avons skié 4 bonnes heures, nous sommes heureux mais claqués! On aurait adoré une bonne fondue, mais tant pis, on se couchera les papilles frustrées!!!

15 juillet 2009

La terre a tremblé

Ce soir, confortablement installés dans nos canapés au coin du feu, un livre à la main et la télé en fond sonore, un bruit de tonnerre résonne au loin. Nous interpellons notre colocataire, néo-zélandais, plus expérimenté que nous sur la vie dans ce pays et lui soumettons notre sensation d'instabilité.... Nous coupons la TV, tendons l'oreille, nous tenons debout sur nos pieds. Oui, la maison bouge... c'est un tremblement de terre. Pendant quelques secondes, peut-être 30/40s - le temps nous parait interminable - des secousses nous intriguent, nous hésitons entre peur et émerveillement par la force de la nature... Contrairement aux bons conseils enseignés au travail lors d'une session de formation, telle une mauvaise élève, je ne peux m'empêcher de m'approcher des fenêtres pour observer à l'extérieur. Rien ne tombe, le tremblement cesse déjà et nous poussons un soupir de soulagement. Celui-ci ne fût pas encore le "Big One"!
Après nous être remis de l'excitation de la nouveauté, nous sautons sur l'ordinateur pour confirmer l'évenement. Après quelques recherches, nous tombons sur quelques sites dediés à l'observation de l'activité sismique. Eureka! Il y a bien eu un tremblement de terre à 175km d'ici, mesuré à 7.8 ou 6.6 à l'épicentre selon les sources! Nous ne tardons pas à sentir le besoin de partager nos émotions à chaud en tapant ces quelques lignes. Cet évenement banal pour des milliers de gens trop habitués aux catastrophes de ce genre, nous a honnêtement impressionné tout en nous fascinant! Après coup, en comprenant que ce que nous venons de vivre n'était qu'un exercice de routine pour Dame Nature et que probablement, personne ni rien ne se retrouve endommagé, nous sommes heureux d'avoir pleinement eu conscience du tremblement et de surtout ne pas avoir été là où les otaries et les pengouins ont du le sentir passer de près...eux...!

PS: référence pour les passionnés et les curieux:
http://www.geonet.org.nz/earthquake/quakes/3124785g.html
http://earthquake.usgs.gov/eqcenter/recenteqsww/Quakes/us2009jcap.php

8 juillet 2009

Winter Festival

La saison d'hiver et des festivités a démarré, lancée par le Festival de l'Hiver. On l'annonçait depuis longtemps, l'attendait avec impatience, l'imaginait grandiose. Il devait être énorme, attirer des centaines de personnes, empêcher la ville de dormir. Il aura finalement été pour nous court, quasiment ignoré et pas si animé que cela. Non pas que le programme d'activités était inexistant, non, il y avait bien quelques curiosités telles qu'un concours de plongeons en déguisement dans le lac, un feu d'artifice, un carnaval ou encore des sauts à ski sur les pistes. Cependant, rien de quoi nous passionner, nous européens, sans doute trop habitués à des spectacles bien plus impressionnants ou des animations dont la créativité les font beaucoup plus originales. Une fois de plus, nous sommes un peu déçus par les tentatives d'organisation d'évenements. La foule de locaux avait l'air plutôt contentée par le feu d'artifice qui n'a pourtant duré que 2mn 20s, enthousiaste par le carnaval de 2-3 masques défilant au son monotone de tambours brésiliens, hilare devant une course des directeurs d'hotels déguisés en dragqueens ou encore sastisfaite par un concours des Top Blokes (sorte de "Mister Queenstown") où l'orgueil et la lourdeur semblent être les qualités pour plaire! Nous nous rendons compte que ce genre d'évenements est en fait surtout une bonne occasion de se retrouver entre amis et partager une bière ou un vin chaud!
Après 10 jours de festival, les familles ont débarqué à Queenstown pour passer leurs 2 semaines de vacances, les rues sont à nouveau remplies et la file de voiture s'allonge devant notre maison lorsque les pistes de ski ferment à 16h. L'hiver est là!

21 juin 2009

C'est l'hiver...

Pas de fête de la musique ni organisation de weekends à la plage, ici, nous vivons la nuit la plus courte de l'année sous des températures gelant les tuyaux! Les stations de ski sont ouvertes, le soleil glace les pistes, le froid refroidit les maisons... Nous attendons avec impatience le festival de l'hiver, grand événement qui sonnera la semaine prochaine l'ouverture de la saison. Les écoles s'apprêtent à fermer pour une quinzaine de jours et annonce l'arrivée d'un flot de citadins cherchant un peu d'air pur et de joies hivernales et avec, son lot de bras cassés! On regrettera peut-être la saison morte!...

13 juin 2009

Victoire française

On ne pouvait manquer le match All Blacks - France! Les journaux télévisés annoncent la rencontre depuis quelques jours, les paris s'échangent, les rendez-vous s'organisent... A défaut de pouvoir assister physiquement au match par manque de temps, nous avons rejoint les tabourets du bar spécialisé dans la retransmission des matchs autour d'un cercle de supporters patriotiques et avons trépigné d'impatience en attendant l'entrée des joueurs sur la pelouse. Au fil des points marqués par les bleus, les visages se retournent sur nous, certains agacés par notre arrogance, d'autres amusés par notre ferveur. Lorsqu'enfin le sifflet signe la fin du match et scelle la victoire des joueurs français, notre joie explose et le sentiment d'être étranger reparaît!

Le bar jusqu'alors rempli de fiers locaux persuadés de la victoire évidente de leur équipe "invincible", se vide soudainement; les plus courageux finissant leur bière s'affrontent à nos sourires arrogants et nos "Allez les Bleus" incessants! La soirée se termine plus tard, après un diner pizza arrosé de champagne français (chauvinisme oblige) et de fierté plein les joues. Le lendemain, les paris gagnés contre nos opposants néo-zélandais paient (pour ma part, une bouteille de vin local produit par une française, comme quoi, ici les gens ne sont pas rancuniers!) et les regards se tournent désormais vers samedi prochain où la France pourra éventuellement redonner une leçon de rugby à cette fameuse équipe qui fait la réputation du pays!

29 mai 2009

A l'Est, rien de nouveau

Pas toujours facile de mettre à jour un blog de voyage lorsqu'on ne se sent plus vraiment comme en vadrouille. Un travail en poche, un toit sur la tête, des repères familiers, des paysages bien connus font de la vie ici une existence finalement assez sédentaire. Quelques occasions se présentent encore pour terminer d'explorer l'île du Sud. Il ne restait que le pied du Mont Cook à approcher afin de boucler la visite de la région. Désormais, c'est à Queenstown que l'on s'accroche, à ce lac dont l'eau est toujours du même bleu, à ces montagnes qui cachent le soleil dès le milieu de l'après-midi. L'hiver s'installe et bloque parfois tout accès au monde extérieur (routes enneigées, cols fermés, vols déroutés). Le bassin de Wakatipu sera notre berceau pour toute la saison. Les pistes de ski s'apprêtent à ouvrir, les magasins terminent d'organiser leurs rayons de location de matériel de sports d'hiver, le centre d'information "neige" accueillent déjà les premiers passionnés et le festival fignolent son organisation. En attendant le retour des touristes, la ville se repose et apprécie les derniers moments de calme avant l'avalanche de visiteurs. Queenstown à la mi saison est probablement une autre Queenstown mais elle vaut le coup!

6 mai 2009

Weekend dans les Catlins

Il ne manquait plus que visiter la région des Catlins, à l'extrémité Sud Est du pays pour boucler le tour de l'île du Sud. Sur les brochures, plages, forêts, espaces vastes et vierges, beauté immaculée, curiosités géologiques... Sur le terrain, c'est ce qu'on trouve effectivement; nous sommes pourtant déçus. Non pas que les plages ne soient pas jolies, que les collines et les champs à perte de vue n'inspirent pas calme et repos ou que les forêts soient sans intérêt. Non, en fait, nous avons vu des côtes bien plus pittoresques dans le parc d'Abel Tasman, des espaces naturels tellement plus sauvages sur la West Coast, des coins de paradis dispersés ailleurs sur l'île! Loin d'être las du pays ou blasés par des voyages à répétition, nous constatons seulement que la région des Catlins n'est pas la destination incontournable du pays, surtout pour les touristes limités par leur temps de séjour. Nous ne regrettons cependant pas d'avoir parcouru les 180km de route côtière s'étirant de Balclutha à Invercargill. Le mois de mai et son temps de moins en moins estival décourage les visiteurs; nous ne croisons pas grand monde sur la route. Les étapes sont fréquentes: une cascade par ici, une plage par là, une autre chute d'eau plus loin puis des cavernes creusées dans la roche ou encore une forêt fossilisée. La route est tracée, peu d'occasions nous poussent à nous en écarter car aux alentours, il n'y a rien! La Nouvelle Zélande à l'état brut, où l'on ne craint pas le voleur ni l'inconnu, où la nature a tous les droits!

Nous rentrons à Queenstown, ville décidémment bien étrangère! Nous y retrouvons son lac entouré des montagnes dont les sommets blanchissent un peu plus tous les matins. Les manteaux et gants sont nos compagnons les plus appréciés. 2 nouveaux jours de repos s'annoncent, mais cette fois, pas de programme planifié pour visiter une autre région car la pluie (la neige?), le vent et le froid sont attendus et risquent de nous condamner à nous emmitoufler sous les couvertures devant la cheminée. Nous pensons à vous et aux joies du printemps!

19 avril 2009

Teintes automnales

Si en Europe, on peut se permettre de s'empiffrer de chocolats de Pâques car les beaux jours arrivent, et avec eux les balades sur la plage et les activités de plein air, ici, je ne m'accorde pas le droit de dévorer œufs, cloches ou divers sucres au risque de m'empâter à l'approche de l'hiver! L'automne jusqu'ici très clément s'enfonce doucement vers l'hiver. Les premières neiges sont tombées et même si elles ont disparu dès le rayon du soleil du lendemain, la fraîcheur des nuits indique que je ne porterai plus longtemps mes robes d'été. En attendant les grands froids, le soleil nous offre du temps rêvé pour profiter des paysages colorés des montagnes environnantes. Le long du lac, les pelouses se sont recouvertes de tapis dorés de feuilles, les arbres se parent de tons éclatants et les couchers de soleil teintent le ciel de rose.
A Arrowtown, petit village à proximité devenu prospère graçe à la recherche d'or, le festival de l'automne souffle sa 25e bougie. La foule est compacte, la rue principale est bondée de badauds curieux. Je m'attendais à des parades colorées, des animations riches et festives, des citrouilles et champignons, des reconstitutions de chercheurs d'or! Il s'agit en vérité d'un défilé communautaire des pompiers, de la maison de retraite, d'école de danse ou encore du vétérinaire! Je serai définitivement toujours surprise par ce pays qui malgré son jeune âge dispose d'une histoire qu'il n'exploite pas. Ce festival plutôt décevant, valait cependant le déplacement tellement les couleurs de l'automne sont exceptionnelles dans le village et ses environs.
Nous passons la fin de l'après-midi à une table d'un bar sirotant une bière et dégustant une pizza en pensant que les anglo-saxons ont une idée de la fête tout à fait différente de celle des latins! Nous rentrerons calmement vers Queenstown en nous arrêtant le long d'un lac (un autre) dont la seule agitation est la nage des cygnes et canards. Contraste étonnant avec la foule du festival et l'animation permanente de Queenstown!
Pâques terminé, nous regardons les touristes partir peu à peu, les commerces se préparer à leur fermeture annuelle et les derniers travaux de construction se dépêcher de terminer les chantiers. Il ne restera ici que les travailleurs permanents et quelques voyageurs préférant la basse saison. Le si joli mois de mai s'annonce être bien triste dans cette ville où l'activité touristique est le moteur et où les activités de plein air abondent. Pourvu que le soleil reste un peu réchauffer cette saison morte et que la pluie ne nous mouille pas trop tout en arrosant les sommets de neige fraîche sur les sommets!

24 mars 2009

Weekend dans les Milford Sounds

Un long weekend dû au jour férié pour commémorer l'anniversaire de la province d'Otago, un soleil resplendissant et 2 jours de repos après quelques journées de formation ont créé le moment idéal pour découvrir les fjords environnants. Il a fallu 4 heures de route pour rejoindre une des merveilles du pays. La longue route traverse des vallées tantôt larges et désertes, tantôt denses de végétation ou encore enserrées par des montagnes dont les sommets montent à pic. On ne se lasse donc pas du chemin nous menant aux fjords réputés pour être encore plus beaux sous la pluie. Par manque de chance - ou fortuitement selon le point de vue - le soleil ne cesse de briller et éblouit les pics et falaises plongeant dans les eaux huileuses de la Mer Tasman. Le paysage est tout à fait exceptionnel.
Notre arrivée tardive nous met face à la lueur déclinante du jour jouant derrière les masses sombres des rochers. On se sent petit devant l'étendue d'eau et les montagnes vertigineuses. Nous explorerons l'ancienne vallée glaciaire en kayak, loin des bateaux naviguant sans arrêt dans les fjords et à un niveau bien plus "terre à terre" que les dizaines d'avions ou hélicoptères tournoyant autour de l'endroit. La main soit dans l'eau fraîche, soit sur la pagaie, j'oublie de ramer pour mieux admirer la vue, profiter de la quiétude et de la magnificence du lieu et me ressourcer des journées bien remplies de ces dernières semaines. L'embarcation glisse doucement sur l'eau (grâce à mon galérien je dois bien dire!), s'approche des otaries, laisse le passage aux dauphins, frôle les falaises abruptes, s'avance sous une cascade, ralentit pour observer les étoiles de mer ou pour capturer une photo de cet endroit fantastique. Quelques heures de navigation nous donnent un bon aperçu du lieu et nous permet de prendre le temps de savourer l'exploration. Il est probable que j'y retourne, sans doute sous des nuages plus présents voire de la pluie battante. On dit que grâce au mauvais temps, l'eau qui dégouline des falaises créée des cascades impressionnantes et que la brume et les nuages mystifient le tableau. J'aurai alors l'occasion de comparer les paysages et de décider si le visiteur est plus chanceux sous la pluie ou le soleil!

18 mars 2009

Installation à Queenstown

Voilà plus de 10 jours maintenant que j'ai posé mon sac à Queenstown, la ville où les Néo-Zélandais conseillent de ne pas rester car trop touristique, trop commerciale, trop animée, trop chère. Certes, les opportunités d'activités ne manquent pas et la concurrence entre les différents prestataires est rude : saut à l'élastique, jet boat dans les rivières, parachute, parapente et tout autre para-, croisières, kayak, rafting, etc etc. Queenstown, capitale des sports d'aventure, ville de l'extrême. Les rues sont remplies de touristes posant en photo devant une statue de kiwi géant ou dégustant leurs immenses glaces Patagonia, le prix du pain ou du lait dépasse tout entendement et les bars et boites de nuit ne ferment jamais. Ici, on ne voit ni personnes âgées, ni maison de repos! Ce n'est peut être pas la vraie Nouvelle Zélande que l'on expérimente ici car le développement touristique et immobilier est au niveau de l'Europe et que l'on rencontre plus d'australiens que de locaux. Mais l'ambiance jeune de la ville et les magnifiques montagnes qui l'entourent en font l'endroit rêvé pour passer un hiver inoubliable. 3 stations de ski à proximité, de magnifiques lacs aux alentours, des randonnées vers des sommets surplombant l'ensemble du massif, des villages plein de charme à quelques kilomètres ou encore des fjords à découvrir à 4h de route. Le lieu peut certes déplaire mais malgré l'aspect commercial, l'endroit est magique et unique.
Un bon travail en poche, je suis prête a affronter l'arrivée de l'automne et de l'hiver en profitant des derniers rayons de soleil sur la plage de galets bordant le lac. Bientôt, les arbres le long du lac se coloreront pour former un tableau pittoresque. Les premiers flocons de neige sont déjà tombés et ont blanchi quelques sommets. Le vent glacial a donne un aperçu de ce que va être l'hiver ici: froid et humide. Mais j'ai bon espoir de pouvoir me réconforter autour d'une tasse de chocolat chaud en admirant le lac enserré par les montagnes enneigées et en pensant à vous, bronzant sur les plages des Landes (clin d'oeil à ma chère lectrice).

5 mars 2009

De la glace...

La route vers l'Ouest suppose franchir un col puis braver les nuages et la pluie pour apercevoir les magnifiques panoramas de la Côte Ouest. C'est donc avec les k-ways et le parapluie que nous nous préparons à passer de l'autre côté... En s'approchant du fameux col séparant l'île du Sud en 2 versants opposés - l'Ouest sous l'eau et l'Est sous le soleil- le ciel se charge, la pluie menace, puis au sommet où la vue pourrait être splendide, quelques gouttes tombent. Puis, en redescendant, par notre plus grande chance, le soleil nous fait la jolie surprise de nous accompagner pour quelques magnifiques journées de découverte de la Côte la plus arrosée du pays!
En roulant vers le Sud se succèdent plages immenses dont les seuls habitants sont des troncs séchés d'arbres échoués, montagnes dont les sommets sont enneigés, forêts denses de fougères arborescentes et d'autres espèces dignes de peupler les jungles les plus épaisses. Bientôt, nous arrivons dans la région des glaciers les plus accessibles au monde. Le Franz Joseph et le Fox Glacier descendent jusqu'à 300m d'altitude, autant dire que l'effort n'est pas insurmontable pour nous en approcher. Des mesures de sécurité nous empêchent d'avancer au point de le toucher, mais qu'importe, il est impressionnant aussi de loin! Plus tard, en s'éloignant peu à peu, la vue s'élargit à l'ensemble de la chaîne des Alpes; même le Mont Cook se dévoile et nous offre le beau cadeau de se faire admirer sous un ciel d'un bleu immaculé!
Le lendemain matin, au long d'une courte balade autour d'un lac, les reflets sur l'eau des sommets environnants en font une image carte postale.
La route nous mène ensuite toujours plus vers le Sud, pour rejoindre cette fois les lacs. Queenstown sera l'étape idéale pour se reposer un peu des piqures de sandfly (mouche des sables qui a de quoi handicaper quelques jours les chevilles les moins sensibles) et recharger un peu les batteries pour repartir de plus belle vers d'autres magnifiques paysages!

23 février 2009

Pique nique dominical

Quoi de mieux qu'un pique nique improvisé en bord de mer avec un panier rempli de bonnes saveurs du terroir par un début de soirée ensoleillé? Au menu, foie gras étalé sur du pain chaud croustillant fait maison, une terrine au magret de canard agrémentée de quelques tomates séchées, le tout arrosé d'un bon petit vin rouge... Le bonheur de la gastronomie française qui manque tant à l'étranger!

Petite pause gourmande avant de ré attaquer une nouvelle vague de périples dans le pays. L'étape Christchurch, qui aura duré un bon moment prend fin. Elle aura permis de remplir un peu le porte monnaie et expérimenter au jour le jour la vie avec les kiwis. La route reprend vers le Sud, direction les espaces vierges, les côtes approchant l'Antarctique (entendons nous, le continent est encore bien distant, nous ne poserons sans doute jamais le pied si loin), les fjords et les glaciers, puis les lacs entourés de montagne. L'automne pointe le bout de son nez, de quoi colorer les forêts et les collines des plus belles couleurs. Nous accompagneront sans doute pluie, vent et froid, mais peu importe, la Nouvelle Zélande s'apprécie sous toutes les conditions climatiques (même si j'espère ne pas geler ni ne me retrouver trempée pendant toute la durée de nos aventures)

Nous espérons pouvoir alimenter ce blog de quelques récits ou clichés, mais nous ne sommes pas surs de pouvoir trouver des connexions Internet fréquentes et rapides. Nous tenterons néanmoins de donner des signes de vie depuis ces contrées lointaines où l'on roule les R et où la météo rythme la journée du fermier.

16 février 2009

Super 14 : Crusaders / Chiefs

Le week-end dernier eut lieu le coup d'envoi du Super14, compétition majeure de rugby dans l'hémisphère sud. Elle regroupe des équipes de Nouvelle-Zélande, d'Australie et d'Afrique du Sud et est dominée depuis plusieurs saisons par l'équipe des Crusaders installée à Christchurch (ça tombe bien...). Le premier match de la saison est un affrontement entre néo-zélandais : les Chiefs sont basés à Hamilton dans l'île du nord. Des joueurs des All Blacks sont présents sur la pelouse au sein des deux équipes.
La rencontre se joue dans un stade à moitié plein, une tribune étant en construction en vue de la prochaine coupe du monde de rugby, et l'ambiance est très familiale avec beaucoup d'enfants qui encouragent leur équipe bien que n'ayant pas encore assimilé toutes les règles du jeu. Pourtant rapidement nous nous apercevons que nous sommes loin de la folie des supporteurs européens qui crient et chantent durant le match. Non, ici les spectateurs papotent, se lèvent régulièrement pour aller chercher à manger ou à boire et suivent d'un œil distrait la rencontre. Seuls les essais marqués par leur équipe semblent les sortir de leur torpeur. Pourtant le spectacle proposé n'est pas inintéressant et le match plutôt équilibré. Le score final 19-13 pour les Crusaders (3 essais à 2) aurait d'ailleurs pu être plus élevé sans des mauvais choix de la part des Chiefs principalement. A la fin du match, l'accès sur une partie de la pelouse est autorisé afin de procéder à une séance de dédicaces et permettre ainsi aux gamins d'approcher encore plus prêt leurs idoles. Nous ferons un tour sur la pelouse mais sans quémander d'autographes... D'ailleurs plus tard dans la soirée nous croiserons la star de l'équipe et capitaine des All Blacks, Richie McCaw, attendant patiemment son tour à la caisse d'une station essence!

5 février 2009

Waitangi Day

Chaque 6 Février est un jour férié pour célébrer le traité de paix entre les colonisateurs britanniques et les Maoris. Ce traité, qui fut signé le 6 février 1840, est considéré comme le document fondateur de la nation néo-zélandaise, bien qu'il soit vite contesté par les maoris ( pour faire simple, disons que les anglais ont fait une traduction plutôt à leur avantage). Tel notre 14 Juillet, divers événements ont lieu à travers le pays. A Christchurch, un concert plein air de musique classique était organisé hier soir suivi du traditionnel feu d'artifice. Le vent frais n'a pas repoussé la foule qui est venue en nombre assister à la belle performance de l'orchestre symphonique du Canterbury. Les pique-niques, bières et verres de vin ont aidé à tenir chaud le temps d'un mouvement ou d'une danse.
Le matin de Waitangi Day, je me suis dirigée vers la Willowbank Wildlife Reserve, réserve animale et village maori, pour assister aux danses et chants commémoratifs de ce jour si spécial pour les Maoris. Sous un soleil assommant et quelques grammes de crème solaire, je visite les animaux en me faufilant entre les poussettes: canards et autres volatiles, wallabies et singes et plus exceptionnel, kiwis... espèce en voie de disparition ne vivant que sous la lune néo zélandaise. La sombre clarté de leur abri permet aux visiteurs de les apercevoir mais empêche toute prise de photo!
Une fois postée devant la scène montée pour l'événement, j'entends des cris et sons inconnus qui s'approchent. Puis juste devant mon nez, des guerriers maoris vont et viennent parés de leurs plus beaux atours, les yeux exorbités et tirant la langue. Ces hommes d'une envergure impressionnante me terrorisent, je me sens soudain toute petite et vulnérable. Continuant leurs danses, ils s'éloignent petit à petit et rejoignent la scène. Se succèdent chants, danses, explications de quelques traditions et enfin le célèbre haka!
La connexion Internet est malheureusement trop lente pour charger une vidéo de leurs performances et il est difficile de décrire le spectacle. Frissons, peur et admiration sont les principaux mots qui me viennent a l'esprit. J'imagine soudain l'effroi des joueurs de rugby devant affronter en tête a tête les All Blacks transformes par la passion et le sérieux du haka... de quoi faire froid dans le dos!

23 janvier 2009

Séjour en prison

Difficile de tenir le rythme d'un récit de voyage. A vrai dire, en ce moment il n'y a pas grand chose à raconter car les jours se suivent et se ressemblent. Après avoir profité de quelques magnifiques découvertes locales, il est temps de se poser, de freiner les dépenses, voire même de gagner quelques dollars.
Alors que l'homme est parti aux champs, je coule de "pénibles jours en prison"... Pas de quoi s'inquiéter, il ne s'agit plus d'une prison, juste d'un ancien pénitencier reconverti en hébergement bon marché! Pour parfaire ce séjour disciplinaire, je me charge de faire les lits à la militaire, d'astiquer le mobilier rudimentaire, de cirer le parquet ainsi que d'accomplir d'autres tâches assignées. En échange de ces menus services quotidiens, le lit et quelques autres bénéfices sont gracieusement offerts. Pas de quoi s'ennuyer quand 3 heures par jour sont passées à rendre l'endroit éclatant de propreté! S'ajoutent quelques heures de travail à l'aéroport et divers entretiens d'embauche. L'heure n'est donc plus aux loisirs et au voyage, mais plutôt au travail et au sacrifice, à l'image du bâtiment dans lequel je passe mes nuits.

Il arrive que parfois, je m'échappe de ces murs pour sentir la chaleur du soleil qui ne cesse de briller et m'imprégner de l'euphorie estivale d'une ville en vacances. Un festival des arts de la rue vient juste de débuter et attire des artistes du monde entier. S'allonger dans l'herbe du parc, regarder l'acrobate, écouter le musicien, rire de l'humoriste tout en flairant l'odeur des crêpes... Le dur labeur mérite bien quelques récompenses simples et gratuites...

Un si long périple ne peut exclusivement se remplir de périodes fastes. Cependant, même pendant ces temps de restriction, l'esprit du voyageur reste en alerte. Rencontrer des gens de différents horizons, s'échanger des idées de destination ou plus souvent découvrir de nouvelles facettes de sa personne et chercher ses propres limites demeurent l'apport essentiel du voyage, le sens même du désir d'ailleurs.
Tel un saltimbanque marchant sur un fil, je suis une voyageuse cherchant l'équilibre entre mouvement et ralentissement, découvertes géographiques et économies d'argent , connaissance de soi et ouverture à l'autre, rythme monotone et aventure impromptue. C'est ainsi que je considère ce voyage, en espérant qu'une cadence vertueuse s'impose pendant les prochains mois de cette expédition aux antipodes.

6 janvier 2009

Nouvelle Année

Histoire de marquer le passage à une nouvelle année, Julien et moi nous sommes rejoints à Wanaka, station touristique baignée par les eaux pures d'un lac glaciaire au pied des Alpes du Sud. Réputée comme étant LE lieu pour fêter un réveillon digne de ce nom, la jeunesse se retrouve ici et envahit hôtels, campings, bars et restaurants. Pas évident de se faire une place quand on arrive ici après une journée de travail, sans n'avoir réservé aucun hébergement (c'est de toute façon mission impossible car tout est réservé des mois à l'avance). Les cuisiniers finissent leur service à 21h, donc nous ravalons notre envie d'un bon repas pour nous replier sur des pizzas. A la fin du repas, un couple de touristes s'approche et nous avoue être d'Albi et de Bagnères... Nous leur faisons une place et entamons la conversation. Dehors, la pluie ne cesse de tomber et rafraîchit doucement les ardeurs des minettes et playboys enivrés. Un décret interdit la consommation d'alcool dans la rue, les gens ont sans doute interprété cette prohibition comme une invitation à boire plus et plus vite chez eux avant de mettre la tête dehors!...
Notre soirée ne s'éternise pas. Les files d'attente pour glisser dans les quelques bars s'allongent plus minuit approche. Nous notons à peine les douze coups, finissons notre bière et rentrons dans notre voiture apprécier le soudain silence troublé par quelques échos d'une fête pas tout à fait terminée.
Le lendemain, le soleil est revenu et les nuages laissent la place aux sommets des montagnes environnantes. On comprend mieux l'engouement des vacanciers à venir profiter de l'endroit pour échapper au rythme boulot-dodo.
La route pour retourner vers Christchurch est ponctuée de collines, de grands espaces vierges de végétation, de sommets légèrement blanchis, de lacs glaciaires dont la couleur exceptionnelle éblouit. L'endroit mérite qu'on s'y attarde plus longuement une autre fois, certainement quand l'hiver aura recouvert les montagnes de neige et quand les touristes seront trop frileux pour conduire imprudemment leurs voitures et camping-cars. Vivement l'hiver!