Après avoir voyagé du nord vers le sud, sauté de bus en bateaux, cherché un nouveau toit chaque nuit, traîné les valises sous la pluie ou le vent, le moment est venu de nous arrêter un peu. Nous avons succombé à la tentation de voyager libre avec notre propre moyen de locomotion. Jusqu'à présent, nous n'avions pas voulu croire les nombreux voyageurs et locaux qui nous conseillaient de nous déplacer en voiture et nous nous étions essayés à utiliser bus et autres moyens de transports pour nous voyager. Devant l'ampleur des contraintes et des frustrations, nous avons fini par admettre notre entêtement et avons saisi une bonne occasion pour investir dans un 'van' qui nous permettra d'aller où bon nous semble et à n'importe quel moment. (Pour plus de détails sur le véhicule en question et ainsi mieux mesurer la proportion de ce qu'on appelle van ici, voir photos sur le lien Picasa-il s'agit en fait plutôt d'un monospace)
Pour nous poser un moment et recharger nos batteries, nous avons choisi Marahau, village à 1h de Nelson, où nous proposerons nos services dans une auberge de jeunesse en échange du gîte.
Sur le pap
ier, Marahau semble être un lieu paisible en bordure de mer à l'entrée du Parc National d'Abel Tasman dans lequel on ne circule qu'à pied ou en bateau. Le parc est cité comme une destination incontournable dans tous les guides destinés de voyage. Il jouit d'une belle réputation grâce à son climat (région la plus ensoleillée du pays), ses plages paradisiaques et ses paysages sauvages et préservés. Marahau se définit comme la « porte d'entrée Sud du parc » car les services de bateau taxi ou de location de kayaks sont basées ici ainsi que le départ du long et populaire chemin côtier de randonnée. En choisissant Marahau comme port d'ancrage, on pense donc débarquer dans un endroit vivant et populaire et où l'agitation touristique et commerciale animera le lieu. 
En réalité, on sait qu'on arrive à Marahau parce que la route sinueuse ne va pas plus loin. Il y a bien quelques maisons en bois dressées face à la mer qui nous indiquent un peu de vie, quelques randonneurs éreintés finissant leur journée ou quelques voitures garées le long des parkings des prestataires de bonheur (kayaks et bateaux), mais rien de ce qu'on avait imaginé! Pas de commerces, pas de poste, ni bars ou restaurants, ni même de marchands de glaces. Il n'y a pas non plus de plage lorsque la marée est haute, ni d'espaces de jeux pour les enfants. Marahau est juste le point d'entrée ou de sortie du parc, c'est ainsi qu'il fallait le lire!
Notre auberge se trouve à 3 km de ce lieu de vie...

Il faut reprendre la route et rouler sur un petit chemin pas tout à fait goudronné pour grimper vers la maison des propriétaires et l'espace ombragé réservé à l'auberge-camping. C'est tout à fait charmant: la végétation est florissante, les oiseaux heureux et les installations pour les hôtes très satisfaisantes. Celui qui cherche le calme et la paix ne peut trouver meilleure escale!
La propriétaire des lieux nous laisse vite la charge du fonctionnement de l'auberge et nous laisse organiser notre travail. C'est dommage que chaque jour nous devons attendre le client encore trop rare à la saison pour pleinement nous occuper. D'un autre côté, nous avons tout loisir à explorer le coin qui regorge de magnifiques plages au sable doré ou de points de vue sur les baies environnantes. Nous sommes tantôt charmés par l'Apple Split Rock Beach où un rocher de granit coupé en 2 enchante la plage, tantôt intrigués par un phoque se prélassant dans l'eau tiède d'une petite crique ou par une famille de dauphins coupant notre passage en bateau. Les opportunités de balade, de farniente ou de sensibilisation à la nature sont riches; les chances de prendre de belles photos sont immenses!
Malgré le manque certain d'animation de notre lieu de séjour en ce moment de l'année - mi novembre correspondant en Europe à mi-mai... imaginez la Côte d'Azur à pareille époque, sans le festival de Cannes! - il est tout de même bien agréable de rester ici une semaine ou deux. L'air marin, le cadre naturel et le peu de monde sont après tout un échappatoire aux villes bruyantes, à la foule oppressante et au manque de temps auxquels nous avons été habitués. Ici, tout est beau, tout est lent, tout est calme... Combien de temps tiendrons-nous ce rythme qui ne nous est plus naturel? Combien de temps pourrons nous nous passer de la civilisation? Combien de temps réussirons-nous à nous contenter de la mer, du soleil et des plages? Nous avons un an certes, mais encore tellement de choses à voir et d'endroits à découvrir!...