26 novembre 2008

Sur la route

Deux semaines de repos, loin de l'agitation de la ville, et nous repartons sur les routes de Nouvelle-Zélande! Cap au Sud...
Avec un itinéraire rapidement dessiné en tête et quelques idées de pauses découvertes, nous roulons vers les Nelson Lakes puis vers la Côte Ouest. La fameuse pluie locale nous tend la main pour les premiers kilomètres (disons une bonne centaine...) et nous empêche de voir le probable magnifique panorama sur les lacs glaciaires. Nous passons chemin pour tenter de voir plus beau ailleurs! La côte Ouest, réputée comme l'endroit le plus humide du pays, nous donne le plaisir de la découvrir sous un soleil radieux! De plages en baies, de routes serpentées en chemins poussiéreux, nous nous délectons d'un paysage marin à couper le souffle. Côtes déchiquetées, spectacles inédits de la marée montante sous des formations de calcaire, collines ondulantes... on ne sait plus où regarder. Sous nos pieds, des mines d'or ont été exploitées et ont fait la richesse de la région aujourd'hui peu peuplée. Une atmosphère étrange de désolation flotte sur un village déserté lors de l'effondrement d'une mine. Ruines, fondations délaissées et photos jaunies témoignent de la vie animée de cette époque prospère. Aujourd'hui, on joue avec l'histoire dans un village de mineurs reconstitué et exploite des flots de touristes une nouvelle mine d'or!
La route s'enfonce plus loin vers le centre du pays où les montagnes s'élèvent et la population se fait encore plus rare. Passés un col, nous descendons vers la côte Est. De ce côté, la végétation est plus aride, les sommets plus rocailleux et la rivière moins débordante. Étrangement, le ciel est plus chargé... Nous aurions du rester de l'autre côté, pourtant réputé comme plus humide!
Notre route continue toujours à l'heure où je tape ces quelques lignes. Nous nous sommes arrêtés dans une station thermale où les sources d'eau chaude attirent la foule. Nous préférons les rayons de livres de la bibliothèque aux piscines fourmillant de monde en attendant que le soleil réapparaisse. Pourvu qu'il ne tarde pas, on s'habitue tellement à sa douceur - tout spécialement quand on sait qu'il se montre frileux de l'autre côté de la planète en ce moment.

16 novembre 2008

Stop a Abel Tasman


Après avoir voyagé du nord vers le sud, sauté de bus en bateaux, cherché un nouveau toit chaque nuit, traîné les valises sous la pluie ou le vent, le moment est venu de nous arrêter un peu. Nous avons succombé à la tentation de voyager libre avec notre propre moyen de locomotion. Jusqu'à présent, nous n'avions pas voulu croire les nombreux voyageurs et locaux qui nous conseillaient de nous déplacer en voiture et nous nous étions essayés à utiliser bus et autres moyens de transports pour nous voyager. Devant l'ampleur des contraintes et des frustrations, nous avons fini par admettre notre entêtement et avons saisi une bonne occasion pour investir dans un 'van' qui nous permettra d'aller où bon nous semble et à n'importe quel moment. (Pour plus de détails sur le véhicule en question et ainsi mieux mesurer la proportion de ce qu'on appelle van ici, voir photos sur le lien Picasa-il s'agit en fait plutôt d'un monospace)

Pour nous poser un moment et recharger nos batteries, nous avons choisi Marahau, village à 1h de Nelson, où nous proposerons nos services dans une auberge de jeunesse en échange du gîte.

Sur le papier, Marahau semble être un lieu paisible en bordure de mer à l'entrée du Parc National d'Abel Tasman dans lequel on ne circule qu'à pied ou en bateau. Le parc est cité comme une destination incontournable dans tous les guides destinés de voyage. Il jouit d'une belle réputation grâce à son climat (région la plus ensoleillée du pays), ses plages paradisiaques et ses paysages sauvages et préservés. Marahau se définit comme la « porte d'entrée Sud du parc » car les services de bateau taxi ou de location de kayaks sont basées ici ainsi que le départ du long et populaire chemin côtier de randonnée. En choisissant Marahau comme port d'ancrage, on pense donc débarquer dans un endroit vivant et populaire et où l'agitation touristique et commerciale animera le lieu.

En réalité, on sait qu'on arrive à Marahau parce que la route sinueuse ne va pas plus loin. Il y a bien quelques maisons en bois dressées face à la mer qui nous indiquent un peu de vie, quelques randonneurs éreintés finissant leur journée ou quelques voitures garées le long des parkings des prestataires de bonheur (kayaks et bateaux), mais rien de ce qu'on avait imaginé! Pas de commerces, pas de poste, ni bars ou restaurants, ni même de marchands de glaces. Il n'y a pas non plus de plage lorsque la marée est haute, ni d'espaces de jeux pour les enfants. Marahau est juste le point d'entrée ou de sortie du parc, c'est ainsi qu'il fallait le lire!

Notre auberge se trouve à 3 km de ce lieu de vie...

Il faut reprendre la route et rouler sur un petit chemin pas tout à fait goudronné pour grimper vers la maison des propriétaires et l'espace ombragé réservé à l'auberge-camping. C'est tout à fait charmant: la végétation est florissante, les oiseaux heureux et les installations pour les hôtes très satisfaisantes. Celui qui cherche le calme et la paix ne peut trouver meilleure escale!

La propriétaire des lieux nous laisse vite la charge du fonctionnement de l'auberge et nous laisse organiser notre travail. C'est dommage que chaque jour nous devons attendre le client encore trop rare à la saison pour pleinement nous occuper. D'un autre côté, nous avons tout loisir à explorer le coin qui regorge de magnifiques plages au sable doré ou de points de vue sur les baies environnantes. Nous sommes tantôt charmés par l'Apple Split Rock Beach où un rocher de granit coupé en 2 enchante la plage, tantôt intrigués par un phoque se prélassant dans l'eau tiède d'une petite crique ou par une famille de dauphins coupant notre passage en bateau. Les opportunités de balade, de farniente ou de sensibilisation à la nature sont riches; les chances de prendre de belles photos sont immenses!

Malgré le manque certain d'animation de notre lieu de séjour en ce moment de l'année - mi novembre correspondant en Europe à mi-mai... imaginez la Côte d'Azur à pareille époque, sans le festival de Cannes! - il est tout de même bien agréable de rester ici une semaine ou deux. L'air marin, le cadre naturel et le peu de monde sont après tout un échappatoire aux villes bruyantes, à la foule oppressante et au manque de temps auxquels nous avons été habitués. Ici, tout est beau, tout est lent, tout est calme... Combien de temps tiendrons-nous ce rythme qui ne nous est plus naturel? Combien de temps pourrons nous nous passer de la civilisation? Combien de temps réussirons-nous à nous contenter de la mer, du soleil et des plages? Nous avons un an certes, mais encore tellement de choses à voir et d'endroits à découvrir!...

2 novembre 2008

Sous le soleil du Sud

Nous achevons notre voyage dans le Nord de l'île; cap au Sud désormais!
Après une dernière journée sous le soleil de Wellington, nous réservons la traversée en ferry pour samedi, 18h30. On se prépare à vivre un voyage unique de 3 heures de promenade au fil du détroit avec à l'appui un magnifique coucher de soleil assorti d'une romantique découverte des fjords. Cependant, nous déchantons vite en ouvrant les rideaux le matin du Jour J: le vent souffle de toutes ses forces et la pluie frappe les joues et trempe les os! A priori, nous avons mal choisi notre jour pour naviguer! Telle une fière bretonne qui a le mal de mer, je commence à m'inquiéter de la houle et des remous! Par précaution, j'avale 2 cachets combattant le mal des transports histoire de ne plus penser aux tempêtes, aux naufrages et à la nausée envahissante!
Nous embarquons néanmoins comme prévu; les marins ont l'habitude ici de faire face à la légère bise! Plein d'espoir, nous nous plaçons aux premières loges pour admirer la ville qui s'éloigne. Les dernières images seront finalement plutôt floues et humides! Pas la peine de s'entêter à vouloir regarder vers l'extérieur - il n'y a plus rien à voir! Pas de coucher de soleil, pas de côtes déchiquetées, pas de fjords à explorer. Nous aurons pour nous consoler un peu de bière, de fish 'n chips et un match de rugby à XIII où les Fidji humilient la France!
Le bateau ne tangue pas assez pour me rendre malade et la traversée pas assez longue pour nous lasser. Bientôt déjà, nous débarquons à Picton.
Nous attendrons le lendemain pour découvrir que l'endroit est magnifique. Il l'est d'autant plus que le soleil bien présent illumine les fjords face à la baie.
Nous passerons une nuit de plus ici afin de profiter pleinement du paysage exceptionnel.
Le reste peut attendre!...