23 janvier 2009

Séjour en prison

Difficile de tenir le rythme d'un récit de voyage. A vrai dire, en ce moment il n'y a pas grand chose à raconter car les jours se suivent et se ressemblent. Après avoir profité de quelques magnifiques découvertes locales, il est temps de se poser, de freiner les dépenses, voire même de gagner quelques dollars.
Alors que l'homme est parti aux champs, je coule de "pénibles jours en prison"... Pas de quoi s'inquiéter, il ne s'agit plus d'une prison, juste d'un ancien pénitencier reconverti en hébergement bon marché! Pour parfaire ce séjour disciplinaire, je me charge de faire les lits à la militaire, d'astiquer le mobilier rudimentaire, de cirer le parquet ainsi que d'accomplir d'autres tâches assignées. En échange de ces menus services quotidiens, le lit et quelques autres bénéfices sont gracieusement offerts. Pas de quoi s'ennuyer quand 3 heures par jour sont passées à rendre l'endroit éclatant de propreté! S'ajoutent quelques heures de travail à l'aéroport et divers entretiens d'embauche. L'heure n'est donc plus aux loisirs et au voyage, mais plutôt au travail et au sacrifice, à l'image du bâtiment dans lequel je passe mes nuits.

Il arrive que parfois, je m'échappe de ces murs pour sentir la chaleur du soleil qui ne cesse de briller et m'imprégner de l'euphorie estivale d'une ville en vacances. Un festival des arts de la rue vient juste de débuter et attire des artistes du monde entier. S'allonger dans l'herbe du parc, regarder l'acrobate, écouter le musicien, rire de l'humoriste tout en flairant l'odeur des crêpes... Le dur labeur mérite bien quelques récompenses simples et gratuites...

Un si long périple ne peut exclusivement se remplir de périodes fastes. Cependant, même pendant ces temps de restriction, l'esprit du voyageur reste en alerte. Rencontrer des gens de différents horizons, s'échanger des idées de destination ou plus souvent découvrir de nouvelles facettes de sa personne et chercher ses propres limites demeurent l'apport essentiel du voyage, le sens même du désir d'ailleurs.
Tel un saltimbanque marchant sur un fil, je suis une voyageuse cherchant l'équilibre entre mouvement et ralentissement, découvertes géographiques et économies d'argent , connaissance de soi et ouverture à l'autre, rythme monotone et aventure impromptue. C'est ainsi que je considère ce voyage, en espérant qu'une cadence vertueuse s'impose pendant les prochains mois de cette expédition aux antipodes.

6 janvier 2009

Nouvelle Année

Histoire de marquer le passage à une nouvelle année, Julien et moi nous sommes rejoints à Wanaka, station touristique baignée par les eaux pures d'un lac glaciaire au pied des Alpes du Sud. Réputée comme étant LE lieu pour fêter un réveillon digne de ce nom, la jeunesse se retrouve ici et envahit hôtels, campings, bars et restaurants. Pas évident de se faire une place quand on arrive ici après une journée de travail, sans n'avoir réservé aucun hébergement (c'est de toute façon mission impossible car tout est réservé des mois à l'avance). Les cuisiniers finissent leur service à 21h, donc nous ravalons notre envie d'un bon repas pour nous replier sur des pizzas. A la fin du repas, un couple de touristes s'approche et nous avoue être d'Albi et de Bagnères... Nous leur faisons une place et entamons la conversation. Dehors, la pluie ne cesse de tomber et rafraîchit doucement les ardeurs des minettes et playboys enivrés. Un décret interdit la consommation d'alcool dans la rue, les gens ont sans doute interprété cette prohibition comme une invitation à boire plus et plus vite chez eux avant de mettre la tête dehors!...
Notre soirée ne s'éternise pas. Les files d'attente pour glisser dans les quelques bars s'allongent plus minuit approche. Nous notons à peine les douze coups, finissons notre bière et rentrons dans notre voiture apprécier le soudain silence troublé par quelques échos d'une fête pas tout à fait terminée.
Le lendemain, le soleil est revenu et les nuages laissent la place aux sommets des montagnes environnantes. On comprend mieux l'engouement des vacanciers à venir profiter de l'endroit pour échapper au rythme boulot-dodo.
La route pour retourner vers Christchurch est ponctuée de collines, de grands espaces vierges de végétation, de sommets légèrement blanchis, de lacs glaciaires dont la couleur exceptionnelle éblouit. L'endroit mérite qu'on s'y attarde plus longuement une autre fois, certainement quand l'hiver aura recouvert les montagnes de neige et quand les touristes seront trop frileux pour conduire imprudemment leurs voitures et camping-cars. Vivement l'hiver!