28 août 2009

La ville aux multi-compétences

Queenstown est une petite ville où l’on croise les mêmes têtes à tous les coins de rue. Des foules de voyageurs, sac au dos et bonnet sur la tête choisissent cette ville pour poser leurs bagages et profiter des atouts de la région. C’est ainsi que nait la « politique des casquettes »! Car il n’y a pas de miracle (à moins d’être chanceux au loto ou au casino), pour pouvoir profiter pleinement de la vie ici, il faut empiler les heures de travail ! Dans la même journée, on reconnait le caissier du supermarché travailler le soir au bar, ou le vendeur du Leroy Merlin local ramasser les verres dans un pub. On croise alors les mêmes personnes dans divers commerces, habillé de noir pour servir un buffet et le lendemain vêtu de marron pour accueillir les clients d’un hôtel. On a même vu un danseur maori employé pour les spectacles folkloriques touristiques se tenir à l’entrée d’une boîte de nuit après sa performance et filtrer les fêtards. Avoir 2-3 jobs est main courante dans cette ville où les heures de travail fluctuent en fonction de l’activité touristique ; une semaine pourra être très chargée tandis que l’autre ne comptera qu’une vingtaine d’heures. Tels des saltimbanques, nous jonglons entre divers postes, portant tantôt les assiettes ou remplissant des rayons, ou cuisinant tantôt des pizzas le soir et guidant des parapentes le jour.
Moi même porte différents chapeaux! La semaine, je suis une réceptionniste à plein temps. Mais les 35h hebdomadaires (en moyenne) ne suffisent pas à alimenter suffisamment le compte. Alors, pendant mes jours de repos, je suis parfois serveuse chez un traiteur ou dans l’hôtel concurrent lors de conférences, ou bien femme de ménage là encore chez des concurrents plus ou moins directs! Un client m’a même reconnu le jour de son départ du Crowne Plawa et m’a lancé innocemment “Vous ne travailliez pas hier soir au Millenium?” Les joues rougies, je lui ai répondu discrètement que oui, c’était bien moi, et d’enchaîner sur sa facture à payer pour clore le propos embarrassant! Non pas qu’il ne soit pas possible ici de cumuler plusieurs boulots, mais travailler pour la concurrence me gêne un peu, je préfère garder profil bas!

Aujourd'hui, c'est jour de repos! Plutôt que de nous affaler sur le canapé à regarder la pluie tomber, Julien et moi nous préparons à enfiler nos tenues noires et à grimper dans le téléphérique nous emmenant sur notre lieu de travail ce soir; un restaurant buffet d'altitude où la nourriture abonde et où les clients repus quittent le lieu la panse trop remplie.

Ces quelques heures de travail nous permettront sans doute de ne pas avoir trop à nous serrer la ceinture lors de nos dernières pérégrinations que nous préparons avant de monter dans l'avion qui nous ramènera en France!

23 août 2009

Mariage à distance

Première à St Germain du Pinel, deux invités absents assistent en direct de la mairie à la cérémonie de mariage!
Samedi 22 Août 2009 à 15h se sont unis Cécile et François, entourés de leur famille. Une personne manquait: la petite sœur de la mariée. Ce jour là séparés d'elle par 20000km, les membres des familles Louin et Martin ont pu être tous ensemble autour du maire pour assister à la cérémonie. Il a suffit de deux ordinateurs connectés à Internet et surtout la synchronisation avec une fidèle complice pour faire de l'occasion un évènement où tout le monde était réuni! Récit des faits.
Il est 00h30 en Nouvelle-Zélande lorsque Cécile, la sœur du marié, rejoint les expatriés sur Internet. Les invités physiquement présents investissent les rangées de chaises dans la salle de mariage pendant que les 2 absents attendent dans le secrétariat de la mairie. Une fois tous installés, on amène l'ordinateur par la fenêtre de la salle où l'union sera célébrée et, à la surprise de quelques uns, les émigrés sont aux premiers rangs. La séance originale de photos avec les mariés a de quoi marquer les esprits des plus jeunes comme des plus vieux tandis que derrière l'écran, les expatriés ont le sourire aux lèvres et l'air embarassé d'être la cible des objectifs photographiques!
Dire qu'il y a 10 ans la technologie n'aurait pas pu rendre possible ce rendez-vous à distance!
On admire l'intérêt que le grand père porte pour ce qui doit lui paraître une extravagance du XXIe siècle!
Première à St Germain, mais sans doute une banalité à la fin de ce siècle!

11 août 2009

Ski de nuit

L'idée n'est pas mauvaise, mais elle mérite des améliorations. Coronet Peak, une des stations de ski de Queenstown laisse ses portes ouvertes le vendredi et le samedi pour des sessions nocturnes. Un seul télésiège fonctionne, ce qui laisse aux skieurs un choix limité de pistes.
Excités par notre première session de nuit, nous montons la route descendue par des centaines de voiture rentrant de leur journée enneigée. Une fois là haut, le crépuscule pointe son nez. Nous avons néanmoins le temps de monter tout là haut, sur l'observatoire qui surplombe la vallée. Quelques skieurs et snowboarders attendent déjà - la bière à la main - le spectacle du soleil couchant. Les lumières du jour faiblissent et passent du bleu à l'orange. Au loin, le Mt Aspiring se colore de teintes rosées et les berges du lac s'allument! Le soleil passe derrière la montagne et les températures se rafraichissent. Les spots éclairant les pistes de ski se font de plus en plus utiles, ils ne sont d'ailleurs pas toujours suffisants; il est facile de se faire surprendre par la bosse cachée par l'obscurité! Le manque d'uniformité de l'éclairage ajouté à la vitesse des fans de montagne peu attentifs et légèrement alcoolisés rendent l'exercice du ski nocturne un peu particulier. Le vin chaud coule à flot, les bières débordent, la musique braille, c'est vendredi!
Nous attendons que les nuages s'éclaircissent afin d'admirer la plein lune. Drôles de sensations d'être sur des skis la nuit, face à la pente et sous les étoiles ... mais parfois pas toujours sécuritaire! Le froid nous titille, le chocolat chaud est bienvenu puis nous ne tardons pas à rentrer! J'ai l'impression qu'il est déjà minuit... non, il n'est que 21h, nous avons skié 4 bonnes heures, nous sommes heureux mais claqués! On aurait adoré une bonne fondue, mais tant pis, on se couchera les papilles frustrées!!!