13 octobre 2009

De retour...

Les pieds reposés à terre, l'horloge remise à l'heure, le linge sale à la machine, les bises claquées à la famille (ou presque), le retour est fait!
Les deux dernières semaines à l'autre bout de la terre ont été placées sous le signe des vacances et de la découverte du Grand Nord. La pluie a été notre fidèle compagnon comme l'a été notre voiture dont nous nous sommes séparés à une semaine de l'embarquement dans l'avion. Dernière semaine, derniers jours, derniers repas, dernières nuits... le compte à rebours a été aussi rapide que l'année entière passée dans le pays au long nuage blanc!
Au retour, ce sont les questions incontournables qui nous assomment; "alors, c'était comment?", "et maintenant, qu'allez-vous faire?"... La première réponse est plus facile à trouver que la deuxième! Il est par contre plus ambigu de nous replonger dans des projets immédiats concrets! Laissez nous le bonheur de la nostalgie des espaces vastes de la Nouvelle Zélande, laissez nous le temps de nous remettre dans le rythme fou des villes et de ses citadins énervés, laissez nous le plaisir de retrouver naïvement le goût du pain, du fromage et de la charcuterie, laissez nous le droit de rêver à d'autres horizons! Ensuite viendra le temps des réponses! L'après s'envisagera au fur et à mesure que les habitudes reviendront; trop anticiper l'après nous gâche le moment présent. Il est mille fois plus aisé d'envisager le départ que d'imaginer le retour! Mais, nous voilà de retour tout de même!

25 septembre 2009

Autour de Rotorua

Pas vraiment le temps d'écrire une prose, juste de quoi dire que nous nous mettons plein la vue des divers phénomènes géothermiques de la région de Rotorua. La terre fume, les rivières bouent, la boue gicle, les volcons dorment, les lacs de soufre puent!...
Nous roulons vers le Nord pour chercher le soleil, mais c'est la pluie qui nous accompagne, quasiment sans interruption. Les plages vont sans doute être moins jolies, les randonnées moins intéressantes et les pique-nique moins pratiques... Tant pis, on va quand même terminer nos 2 dernières semaines de voyage ici et prendrons le vol prévu!
Le retour vers l'île du Nord a été brutal, plein de voitures, plein de gens, des deux rouges à toutes les intersections, des campagnes habitées... Un monde nous sépare de l'Otago et du Sud du pays!
Maintenant que nous voilà secs, nous reprenons notre route, entre 2 averses et nous enthousiasmons des paysages que nous apercevons à travers les essuie-glaces!
Nous aurons eu la poisse dans le Nord avec la météo! Pas étonnant que ce pays soit si vert et si sauvage! A nos anoraks et nos bottes, nous repartons braver les gouttes!

20 septembre 2009

Bilan en approchant de la fin du parcours

11 mois se sont écoulés depuis notre premier pied posé sur le sol mouillé de l'aéroport d'Auckland! Il est aujourd'hui difficile de résumer en quelques lignes tout ce temps passé à découvrir un nouveau pays! Alors, à la veille du départ de Queenstown où les valises ont été posées la moitié de ce voyage, on se demande ce qui nous manquera le plus!
Ne plus voir John Key tous les jours à la TV s'exprimer sur des sujets aussi variés que la grippe aviaire ou les résultats décevants des All Blacks? Ne plus le rencontrer en personne au détour d'un bain de foule? Ne plus regarder à la TV de la pub entrecoupée de film? Ne plus croiser des personnes pied-nus dans les supermarchés? Ne plus devoir céder la priorité à la voiture qui vient en face quand on veut tourner à gauche? Ne pas avoir besoin de revêtir 3 pulls le soir dans la maison pour ne pas mourir de froid? Ne pas sentir la terre bouger sous nos pieds?
En réfléhissant, ce qui manquera le plus sera sans doute la beauté des paysages, le lever de soleil sur la chaîne des Remarkables, le calme du lac Wakatipu, le mélange des nationalités, l'esprit détendu des gens, l'attitude positive des locaux car rien n'est jamais un problème, l'ouverture du supermarché jusqu'à minuit ou encore le privilège de se trouver dans un endroit paradisiaque!

Il nous reste 2 bonnes semaines pour finir notre périple. En route donc vers le Nord afin de profiter une dernière fois de la découverte de lieux inconnus et des atouts du pays.

13 septembre 2009

Le monde est petit

Jusque là, c'est un jour normal. Puis, il est 13h quand un groupe de personnes arrive à l'hôtel pour s'enregistrer et récupérer les clés de leurs chambres.
Un des clients m'étudie attentivement, puis m'interroge
"Ne vous aurais-je pas déjà vu quelque part?"
D'un air songeur, je lui réponds que c'est possible sans toutefois me souvenir de la tête de ce monsieur.
Il continue de chercher dans le plus profond de sa mémoire puis me dis :
"ça doit être en Europe... en France sans doute... à Carcassonne... Non, pas à Carcassonne, mais à Toulouse plutôt!"
Soudain, un éclat de mémoire me revient. Je me souviens aussitôt d'avoir accueilli ce client accompagné de sa femme dans la résidence hôtelière dans laquelle je travaillais l'année précédente. Je me rappelle instantanément de la conversation échangée avec ce couple néo-zélandais, je leur avais raconté mes projets de voyage dans leur joli pays et leur avais demandé d'où ils étaient!
Nous nous exclamons tous les deux:
"Oui, nous nous sommes vus à Citéa!"
et moi de continuer:
"Vous étiez avec votre femme et vous êtes de la bay of..."
"Bay of Plenty" me répond-il!

Quel hasard, quelle coïncidence! Ce monsieur, qui voyage sans doute plus que moi, se souvient de la réceptionniste de l'hôtel dans lequel il est resté lors d'un déplacement à Toulouse 14 mois auparavant! Jamais n'aurais-je reconnu ce monsieur! Les clients défilent devant mon comptoir, me posent tous les mêmes questions; ils se ressemblent tous un peu! Quelques uns me marquent et laissent des souvenirs très précis, quelques bribes de propos s'impriment parfois, mais la plupart du temps, les visages s'effacent!
Ce moment spécial de cette journée pourtant plutôt banale a priori m'a complètement rempli de joie! Quelqu'un à l'autre bout du monde se souvient encore de l'accueil que je lui ai donné bien longtemps avant et me reconnaît lorsque je le croise dans un tout autre environnement!
Grâce à cette anecdote, je réalise qu'une simple réceptionniste, personnage éphémère dans la vie d'une quelconque personne en transit, peut créer une expérience unique et marquer les esprits!
Que le monde est petit et que la rencontre avec les autres est riche!

28 août 2009

La ville aux multi-compétences

Queenstown est une petite ville où l’on croise les mêmes têtes à tous les coins de rue. Des foules de voyageurs, sac au dos et bonnet sur la tête choisissent cette ville pour poser leurs bagages et profiter des atouts de la région. C’est ainsi que nait la « politique des casquettes »! Car il n’y a pas de miracle (à moins d’être chanceux au loto ou au casino), pour pouvoir profiter pleinement de la vie ici, il faut empiler les heures de travail ! Dans la même journée, on reconnait le caissier du supermarché travailler le soir au bar, ou le vendeur du Leroy Merlin local ramasser les verres dans un pub. On croise alors les mêmes personnes dans divers commerces, habillé de noir pour servir un buffet et le lendemain vêtu de marron pour accueillir les clients d’un hôtel. On a même vu un danseur maori employé pour les spectacles folkloriques touristiques se tenir à l’entrée d’une boîte de nuit après sa performance et filtrer les fêtards. Avoir 2-3 jobs est main courante dans cette ville où les heures de travail fluctuent en fonction de l’activité touristique ; une semaine pourra être très chargée tandis que l’autre ne comptera qu’une vingtaine d’heures. Tels des saltimbanques, nous jonglons entre divers postes, portant tantôt les assiettes ou remplissant des rayons, ou cuisinant tantôt des pizzas le soir et guidant des parapentes le jour.
Moi même porte différents chapeaux! La semaine, je suis une réceptionniste à plein temps. Mais les 35h hebdomadaires (en moyenne) ne suffisent pas à alimenter suffisamment le compte. Alors, pendant mes jours de repos, je suis parfois serveuse chez un traiteur ou dans l’hôtel concurrent lors de conférences, ou bien femme de ménage là encore chez des concurrents plus ou moins directs! Un client m’a même reconnu le jour de son départ du Crowne Plawa et m’a lancé innocemment “Vous ne travailliez pas hier soir au Millenium?” Les joues rougies, je lui ai répondu discrètement que oui, c’était bien moi, et d’enchaîner sur sa facture à payer pour clore le propos embarrassant! Non pas qu’il ne soit pas possible ici de cumuler plusieurs boulots, mais travailler pour la concurrence me gêne un peu, je préfère garder profil bas!

Aujourd'hui, c'est jour de repos! Plutôt que de nous affaler sur le canapé à regarder la pluie tomber, Julien et moi nous préparons à enfiler nos tenues noires et à grimper dans le téléphérique nous emmenant sur notre lieu de travail ce soir; un restaurant buffet d'altitude où la nourriture abonde et où les clients repus quittent le lieu la panse trop remplie.

Ces quelques heures de travail nous permettront sans doute de ne pas avoir trop à nous serrer la ceinture lors de nos dernières pérégrinations que nous préparons avant de monter dans l'avion qui nous ramènera en France!